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L’Apocalypse version XXIe siècle

Installée dans la Sarthe, l’artiste Danielle Burgart a réinterprété dans une série de toiles l’Apocalypse d’Angers, qu’elle dévoilera du 9 au 19 mai à Saint-Barthélémy-d’Anjou

 

C’est à l’Anjou, fort logiquement, qu’elle en réserve la primeur. Plus de deux ans qu’elle planche sur ce projet, totalement inédit, inspiré des Tapisseries de l’Apocalypse conservées au Château d’Angers. Du 9 au 19 mai, Danielle Burgart dévoilera à Saint-Barthélémy-d’Anjou le fruit de cette aventure picturale qu’elle n’avait, en rien, préméditée.

 

« Ca a été comme un engrenage »

 

« Quand j’ai découvert l’Apocalypse, il s’est passé quelque chose » reconnaît cette artiste Strasbourgeoise, qui a vécut trente ans à Paris avant de s’installer, il y a quatre ans, dans l’atelier 1re ces rêves à Parcé sur Sarthe, près de La Flèche. «  le lieu, la grandeur de cette œuvre qui mêle humains et animaux, sa liberté de représentation m’ont frappée. De retour dans mon atelier, j’ai réalisé une première toile basée sur mon ressenti, puis une deuxième…Ça a été comme un engrenage. »

 

« On y retrouve les mêmes problématiques » observe t elle très justement. « Epoque mouvementée, guerres, épidémies, changement climatique…Tout est facilement transposable à l’ère actuelle qui résonne avec le texte de Jean, lequel évoque l’ancien monde arrivé à son terme et l’imminence d’un nouveau dans un recommencement radical. »

De là sont nés sept grands tableaux, faits de corps humains en mouvement auréolés de têtes d’oiseaux et de créatures d’inspiration mythologique, où humanité et animalité formant un tout. Une signature propre à l’artiste qui a imaginé, à partir de l’Apocalypse, 24 autres tableaux. Des hommes âgés les habitent, expressifs, l’air catastrophe, se référant chacun à Saint-Jean.

Son œuvre, mélange de réalisme, surréalisme, bestiaire fantastique, s’achève par un triptyque, « Le Fleuve de Vie », évocateur de paradis, symbole de nature et de renouveau. « La note positive de ma série », détaille l’artiste, qui y figure «  le temps d’après. Ces cycles-là peuvent avoir une fin et engendrer » dit-elle.

 

« Des lieux qui ont du sens »

Son travail, qui s’inscrit entre ombre et lumière, a commencé in situ. Au château, dans cette ambiance tamisée face à l’Apocalypse, Danielle Burgart a mené ses premières réflexions, inscrit des notes, réalisé des photos et couché sur papier quelques croquis. L’artiste a aimé ses instants, « bien installée, dans la pénombre, à se laisser imprégner ».

Cette exposition « Apocalypse », la peintre aimerait la faire vivre dans des lieux historiques, à l’image des abbatiales, « des endroits qui ont du sens », se projette cette néo-Sarthoise qui s’est formée comme étudiante libre aux Beaux-Arts et s’est enrichie auprès de ses pairs. Celle qui expose de longue date en France comme à l’étranger s’est fixée depuis toujours comme seule ligne directrice « celle que l’on choisit soi-même ».

Mireille Puau - Le Courrier de l’Ouest - Mai 2024

photo de l'article de presse

Le récit de l’Apocalypse fait écho à notre époque

Devant son atelier s’envolent et braillent des paons, tous blancs et un chat tout aussi pâle. Danielle Burgart aime les animaux immaculés. Elle aime aussi les peindre : loups, cerfs, kangourous, singes ou lions. Mais le reste de son œuvre est plutôt sombre : couleurs de la terre, du sang et des cieux. Des animaux, il reste des têtes d’oiseaux, qu’elle dessine à la plume et à l’encre de Chine. Des têtes plantées sur des silhouettes humaines. « Le corps humain a toujours été mon sujet. Peindre des têtes d’oiseaux, c’est symboliser notre part d’animalité. »

Danielle Burgart est Alsacienne et a vécu trente ans en région parisienne. Elle s’est installée il y a trois anses demi dans la campagne de Parcé sur Sarthe, au lieu-dit La Saunerie, dans un magnifique ensemble du XVI siècle composé d’un manoir, d’une grange transformée en atelier verrière et d’une écurie devenue The Artistic Red Dot, galerie et cercle de collectionneurs créés par son campagnon Eric Dos Santos. Là, elle exposera du 20 avril au 15 juillet 2023, avec d’autres artistes.

Le récit de l’Apocalypse fait écho à notre époque

 

Danielle Burgart cherche un autre lieu pour exposer le travail qui l’accapare depuis un an et demi : des toiles imaginées devant la Tapisserie de l’Apocalypse exposée au château d’Angers. Elle parle d’un choc esthétique et émotionnel devant cette tenture de 140mètres de long. Depuis, elle choisit certaines scènes et les traduit dans son univers d’hommes à têtes d’oiseaux. « Le récit de l’Apocalypse résonne en nous, écrit-elle, dans notre époque qui consume les ressources, qui soumet le vivant. »

 

Toujours des grands formats

La peintre se rend régulièrement à Angers pour dessiner ses croquis. Puis elle peint sur des grands formats. En choisissant les scènes les moins statiques. Dans chaque tableau, une trompette qui annonce une catastrophe. La deuxième trompette : un naufrage. La cinquième trompette : les sauterelles qui dévorent. Et puis la septième trompette qui annonce enfin le monde d’après. L’artiste, qui cite comme inspiration Bacon et le mouvement expressionniste, rêve d’un grand lieu de vieilles pierres pour accueillir ses toiles imposantes. L’abbaye de l’étau par exemple. Danielle Burgart est devenue Sarthoise. Comme d’autres Parcéens, elle est inspirée par la nature. Elle aime le calme e sa propriété, peindre en regardant les arbres et les animaux depuis sa verrière. « Le végétal sera sans doute de plus en plus présent dans mes compositions. » Et dans ses expositions à venir. Il en est prévu une en automne à Paris, à la biennale 109, une association de peintres et de sculpteurs figuratifs.

Sophie Foucher - La Maine Libre - avril 2023

photo de l'article de presse

Près d’Angers, cette artiste s’inspire de la tenture de l’Apocalypse 

La Sarthoise d’adoption Danielle Burgart s’est inspirée de la tapisserie présente à Angers (Maine-et-Loire) pour créer une série de tableaux sur la thématique de l’Apocalypse. Ses créations seront exposées pour la première fois à Saint-Barthélemy-d’Anjou, près d’Angers, du vendredi 10 au dimanche 19 mai 2024.

C’est l’aboutissement de deux ans de travail que s’apprête à présenter Danielle Burgart. Du vendredi 10 au dimanche 19 mai, la peintre exposera l’ensemble de ses réalisations consacrées au thème de l’Apocalypse à l’espace artistique du parc de Pignerolle, à Saint-Barthélemy-d’Anjou, près d’Angers (Maine-et-Loire). “ C’est vrai que n’est pas une thématique très réjouissante, mais l’Apocalypse, ce n’est pas la fin des temps, c’est le début d’un autre plus apaisé. ”

Un sujet pas totalement étranger à la cité du roi René, qui abrite la tapisserie de l’Apocalypse, vieille du XIVe siècle, au château d’Angers. C’est dans ce lieu que l’idée a germé dans la tête de l’auteure, il y a trois ans. “ J’ai été inspirée par le gigantisme de cette pièce, le bestiaire fantastique mêlant l’humain et l’animal, et surtout par l’histoire. ”  Cette dernière met en scène la lutte entre le Bien et le Mal dans le dernier livre de la Bible.

Guerres, épidémies, changement climatique

À l’époque du Moyen-Âge, la tapisserie commandée par Louis I d’Anjou visait également à adresser un message politique durant la guerre de Cent ans. Loin des batailles médiévales, Danielle Burgart trouve elle aussi un écho avec le monde qui nous entoure. “ Dans la tapisserie, il est question de guerres et d’épidémies, et il est assez évident de trouver un rapprochement avec l’actualité.” Les difficultés d’accès à l’eau de l’époque peuvent aujourd’hui être perçues du point de vue du changement climatique. »  Dans la série de tableaux présentée par la peintre, l’un traite de la chute de Babylone, et raconte la mise en ruine de cette ville.

Contrairement à la tapisserie médiévale qui se lit comme une bande dessinée, le travail de la Danielle Burgart n’est pas établi dans un ordre chronologique. “ Je pars des histoires qui m’intéressent. Il y a quelques parties dont la dynamique m’intrigue. ”  De cette fascination pour la tapisserie sont nées deux premières toiles, à la suite de son premier voyage sur les bords de Maine.

 

Et c’est l’engrenage. “ Au fur et à mesure, je m’y suis intéressée de plus en plus. Je n’avais pas l’intention de m’y consacrer autant au départ. ”

Des humains à tête d’oiseaux

Quelques allers-retours entre la Sarthe et le Maine-et-Loire plus tard, l’atelier de l’artiste s’est bien garni. L’ensemble de son œuvre comporte une série de 24 toiles de 1,5 m sur 0,5 m, de sept grands formats de deux mètres sur deux, et d’un triptyque, tous nés des croquis pris dans la salle obscure réservée à la tenture. “ C’est vraiment une interprétation nourrie par la tapisserie. ”

 

Danielle Burgart conserve notamment son style pictural où les têtes des personnages représentés sont remplacées par celles d’oiseaux. “ C’est une ouverture vers l’imaginaire, plus mythologique,” précise l’auteure. “L’humain sous toutes ses formes m’intéresse. ”

En mai, elle présentera pour la première fois l’ensemble de son travail, qui n’est pour autant pas encore achevé. Un huitième tableau grand format est en cours de production.

 

Paul Edon - Ouest France  - Mai 2024

Les hommes-oiseaux de Danielle Burgart

Dans le série des hommes oiseaux, la « créature de Danielle Burgart est un personnage hybride et l’évocation poétique qu’en fait l’artiste, entre allégorie et mythe, devient l’objet du récit.

Le dessin assuré de Danielle Burgart nous en installe l’hypnotique, inquiétante et séduisante présence, dans un univers structuré par une matière picturale dont les accents colorés, parfois violents, sont toujours maîtrisés pour soutenir l’expression.

Dans l’espace de l’œuvre où tendresse et cruauté se côtoient, Danielle Burgart nous fait suivre, fascinés, les rapports qu’elle-même entretient avec cette humanité chimérique, cette force altière du vivant, cet Horus contemporain appelé à une autre renaissance…

 

Piero Cavalleri - Galeriste

L'animalité chez Burgart

L’animalité qui est en chacun de nous, Danielle Burgart la traque sans relâche dans des compositions à plusieurs degrés de lecture. La vie est un combat permanent et une quête perpétuelle dans cette peinture exigeante.

 

Ludovic Duhamel - Miroir de l’art

Portrait Croisé dans Miroir de l'Art

L’artiste contemporain que vous préférez ?

Ousmane Sow

 

La dernière exposition visitée ?

Les contes cruels de Paula Régo à l’Orangerie. Une grande dame de la peinture !

 

Une œuvre d’art du passé ?

Le retable d’Issenheim de Mathias Grünenwald. Un choc pictural émotionnel de ma jeunesse. Maintenant encore, quand je vais à Colmar, j’entre au musée Unterlinden et je m’assoie devant. Il m’aide à réfléchir.

 

Une œuvre d’Art du présent ?

William Kentridge 'More Sweetly Play The Dance’. Vidéo monumentale vue en automne au musée de Cape Town. Forte et tellement belle que je l’ai visionnée trois fois de suite.

 

Votre livre préféré ?

Du temps où je lisais, les romans de Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude , L’amour au temps du choléra. Maintenant je n’arrive même plus à terminer un roman de 90 pages !

 

Un film mémorable ?

Les Uns et les Autres de Claude Lelouch

Un acteur ?

Romain Duris

 

Une actrice ?

Catherine Deneuve, pour l’ensemble de sa carrière mais surtout pour les personnages décalés qu’elle joue dans ses derniers films. 

 

La chanson que vous fredonnez sous la douche ?

Je ne chante pas sous la douche, ni ailleurs et c’est heureusement….paraît-il que je chante très faux . 

 

Le pays idéal ?

Celui où la cruauté (envers toutes les espéces) n’existerai pas. C’est très bête et cela s’appelle une utopie, je sais….

 

La ville où vous aimeriez vivre ?

Plusieurs à la fois, j’aimerai être une nomade. 

 

Votre dernière indignation ?

La « crise migratoire », les noyades en méditérannée, la misère de ces hommes et de ces femmes qui malgré  leur courage ( car il en faut pour arriver en Europe), se retrouvent face à un rejet haineux de plus en plus généralisé. 

 

Votre dernier enthousiasme ?

La cité de Pétra en Jordanie et le désert qui l’entoure. 

 

Qu’emporteriez-vous sur une île déserte ?

Je n’irai pas sur une île déserte. 

 

La personnalité référence pour vous ?

Simon Veil

 

Votre mot préféré ?

Amour

Miroir de l'Art

L'humanité par Danielle Burgart

"Le monde pictural que Danielle Burgart construit autour du corps se nourrit à la fois de la

douceur des ombres, de la force des reliefs qu’elle apporte et de la puissance des

mouvements que suggère la composition. Négligeant les visages, comme les regards, ce

sont ces corps, avec leurs muscles, que Danielle Burgart fait parler. Et quelle expression !

Danielle Burgart scrute et découvre à travers les chairs, non point ce qu’elle veut dire,

mais bien ce que l’individu exprime, elle le découvre et nous le présente, elle en étudie

l’expression corporelle, la décompose et en extrait le sens. Pour mieux exprimer son sujet,

Danielle Burgart le place dans un environnement abstrait où les plages de couleurs

sombres, mais accompagnées d’ocres, font vibrer le dessin lequel est le motif premier de

la toile. La peinture de Danielle Burgart est celle d’un coup de crayon, avec sa précision,

sa force, son dynamisme."

Christian GERMAK – ART GAZETTE INTERNATIONAL

Une métaphore de notre humanité

L’univers de Danielle Burgart est peuplé de corps placés dans des environnements insolites et dérangeants qui font penser à ceux des oeuvres de Paul Delvaux ou de Max Ernst.

Ses personnages, mi humains mi animaux, solidement modelés par des ombres et des lumières, sont figés en plein mouvement, muscles tendus. Inexpressifs, ils ne sont plus que des sortes de résidus visibles de l’être, seuls moyens de communication et de relation avec leurs semblables.

Paradoxalement, ces corps sans identité précise se muent en champs de pure expression, dépassant largement leurs limites. La tension suggère une violence latente, prête à exploser, mais sans volonté destructrice. Il s’agit, en quelque sorte, de la matérialisation de la part d’animalité ou d’inhumanité qui réside en chaque être et qui cherche à se dissoudre dans la sensualité de son environnement. Une sorte de rébellion intérieure concrétisée par la seule posture du corps, mais sans personnalisation ni psychologisation.

Une métaphore de notre humanité.

 

Louis Doucet - Collectionneur et commissaire d’exposition

Le corps qui parle 

Le corps qui parle, qui exprime la force, le temps qui passe, le désir. Toutes les émotions que peut susciter un corps d’homme ou de femme, Danielle Burgart  veut nous les faire ressentir.

Les corps sont placés dans un univers parfois étrange, abstrait ou dénué de sens. Un environnement qui met en valeur  les personnages ainsi mis en scène.

Le corps comme reflet de l’âme. Qui porte en lui la marque du temps, la volupté de la peau, les marques des caresses et atteint ainsi sa plénitude.

Pour le mettre en avant, Danielle Burgart fait disparaître les visages ou les remplace par des têtes de rapaces. Mettant ainsi en opposition un mental, une culture prédatrice avec la fragilité de l’être humain. Son isolement face au monde qui nous entoure. La fragilité de l’humanité, des êtres humains est liée à l’enveloppe charnelle qui est éphémère. C’est pourquoi ses corps sont un appel à la vie, à en user tant qu’elle palpite, respire.

Seule la pensée subsiste. C’est par elle que Danielle Burgart fait vivre ses personnages au-delà de leur propre vie.

 

Lucien Ruimy - Vivre l’art magazine

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